Versailles : Jubilee

J’ouvre Do ko à mes ami(e)s qui souhaitent publier des articles sur les groupes japonais qu’ils aiment ou qu’ils détestent. Nous commençons avec une longue chronique du dernier album de Versailles : Jubilee. Etant totalement allergique à Kamijo, je n’en parlerais sans doute jamais, Pinky peut donc en parler à ma place et bien mieux que je ne pourrais jamais le faire ! Elle fait partie de la Stree Team française du groupe et s’occupe du forum la Cour de Versailles.

Versailles –Philharmonic Quintet- : Jubilee

Depuis leur formation en juin 2007, Versailles fait une ascension fulgurante sur la scène visual kei. Seulement deux ans après leur premier single, The Revenant Choir, le groupe passe major après un mini-album frôlant la perfection, un album en demi-teinte et un nouveau single plein de promesses. C’est  avec ASCENDEAD MASTER que le groupe fête son passage chez Warner Music Japan, composition époustouflante laissant présager un album, déjà en préparation à l’époque, du meilleur cru. Initialement prévu pour le mois de septembre 2009, JUBILEE n’arrivera qu’en début d’année 2010 suite à la tragique disparation du bassiste du groupe, Jasmine You. Versailles décide malgré tout de continuer son chemin, assurant la promotion de son premier opus major avec brio et débutant avec succès une nouvelle tournée japonaise avec un bassiste de session, Masashi, proche de Jasmine You.

En attendant leur venue chez nous pour deux concerts au mois de juillet, voyons voir ce que JUBILEE nous dévoile.

L’ensemble des compositions de cet album me donne la sensation de pénétrer dans un univers différent par le biais d’une porte donnant sur un autre monde. La première porte que je franchis avec God Palace –Method of Inheritance- est, sans équivoque, celle d’une église où les chœurs qui accompagnent avec force Kamijo en ce début de chanson me plonge tout de suite dans l’ambiance de cette composition magistrale que j’oserai même qualifiée de masterpiece du groupe. Dix minutes intenses où se mélange avec talent toute l’étendue du répertoire de Versailles, riffs acérés, orchestre et piano, non sans rappeler The Love from a Dead Orchestra de Lyrical Sympathy. La chanson va crescendo et le rythme le plus soutenu et le plus rapide arrive enfin en milieu de chanson, peut être même un peu tard ce qui pourrait en tenter plus d’un de zapper dès les premières minutes. Néanmoins, l’intensité des montées et descentes d’instruments ont la particularité de nous plonger dans une clarté lumineuse puis dans des ténèbres profondes sans aucunes transitions. Une composition osée qui en impose pour une ouverture d’album et laisse espérer à l’auditeur une suite tout aussi sculpturale. Les chœurs réapparaissent avant de laisser Kamijo nous transporter avec légèreté vers la seconde porte.

ASCENDEAD MASTER vient enfin dégourdir nos oreilles grâce au rythme effréné de la batterie de Yuki et de sa double grosse caisse qui n’a de cesse de nous englober de toute part. Les premiers remarquables solos de la part de Teru et Hizaki apparaissent enfin et je me laisse porter aisément par le rythme élégamment porté par la voix de plus en plus grave de Kamijo qui fait définitivement un travail incroyable pour faire oublier sa voix douce et relativement faible du temps de Lareine. Sa nouvelle voix colle définitivement à la perfection au concept du quintet. ASCENDEAD MASTER est pour moi à ce jour la meilleure composition du groupe, son choix en tant que premier single major n’est donc certainement pas un hasard.

Il est temps de pousser la troisième porte et de pénétrer dans l’univers de Rosen Schwert. Tout comme pour God Palace, c’est la voix de Kamijo qui m’accueille d’entrée. Cette composition n’est pas sans rappeler Hizaki Grace Project tout en gardant la touche Versaillaise. Ce trio d’entrée ne me laisse pour le moment en aucun cas sur ma faim contrairement à leur précédent album NOBLE, que je trouvais fort décousu, les chansons s’enchaînent dans une très bonne complémentarité.

Quittons pour quelques minutes cette église, pour nous retrouver cette fois sur un bateau pirate dissimulé derrière cette quatrième porte qu’est Ai to kanashimi no nocturne. J’en vois déjà plus d’un sourciller quant à cette comparaison mais il est clair que cette composition signée Teru n’est pas sans rappeler Aikaryu, son précédent groupe. Vous y voyez plus clair maintenant ?            Le rythme rapide donné en chœur par tous les instruments ainsi que le phrasé original de Kamijo offre une chanson qui sort du lot, un souffle nouveau dans la multitude d’influences du groupe. Cette chanson arrive à point, je la savoure avec grand plaisir et la place directement dans le top 3 de mes chansons favorites de cet album.

Après les tumultes de la piraterie, nous voilà dans un jardin fleuri par une journée ensoleillée. Encore une comparaison un peu tiré par les cheveux mais c’est ce que m’évoque Amorphous, composition qui est à mon goût assez risquée. Je la trouve sans grand intérêt, limite trop niaise pour appartenir à Versailles. Une interlude grotesque qui au moins à la mérite de continuer dans la lancée de la chanson précédente  à savoir donner dans la diversité des genres.

On passe très vite à la porte suivante qui s’ouvre à la première écoute avec le plus grand scepticisme. Reminiscence, piste instrumentale, nous transporte tout droit à Versailles dans sa plus grande époque et dans une salle de bal illuminée par des milliers de danseurs plongés dans leurs pas bien rythmés. Teru accompagne divinement un orchestre symphonique et si à la première écoute nous pouvons être dérouté, il s’impose que cette composition est digne du groupe et surtout digne du nom choisi par Kamijo, Hizaki, Teru et Yuki.

De retour à une ambiance plus ténébreuse avec Catharsis qui me laisse deviner par ces premières notes que le morceau sera épique. Encore une fois, Kamijo m’accueille accompagné de chœurs avant de laisser les guitares de Teru et Hizaki me montrer la voie qu’empruntera cette chanson. Le rythme est très vite donné et tout comme pour Ai to kanashimi no nocturne, le phrasé sortant de l’ordinaire de Kamijo n’est définitivement pas pour me déplaire. Je retiens mon souffle tout au long de ces six minutes et en ressort émue grâce à ce savoir faire hors du commun. Catharsis redonne un sens à JUBILEE et en relance à merveille la cadence.

Puisque l’église semble désormais être de nouveau d’actualité, c’est en toute logique que la porte suivante nous dévoile The Umbrella of glass. Composition que je qualifierai de balade possédant les caractéristiques d’une ballade de métal symphonique typique, elle n’en reste pas moins tout à fait efficace. Hizaki sort pour la seconde fois une guitare acoustique déversant un son des plus doux en total accord avec la chanson. Difficilement remarquable à côté des pièces beaucoup plus imposantes en premier lieu, The Umbrella of glass est finalement une chanson qui sait se différencier mais pour cette fois dans le bon sens du terme.

Le temps s’assombrit rapidement avec l’œuvre la plus métal du groupe à ce jour : Gekkakou. Découverte en premier lieu en tant que face B du single ASCENDEAD MASTER, c’est avec joie que je la découvre présente sur l’album. Kamijo renoue avec les joies du growl pour mon plus grand plaisir en récitant des incantations en latin tout droit sorties… d’Harry Potter ! Un morceau apocalyptique que j’ai hâte de découvrir en live pour me dévisser le cervicales ! Gekkakou est sans conteste la chanson de Versailles la plus accessible pour les non-initiés au visual kei.

Ma plus grande déception se trouve derrière la porte suivante : PRINCESS –Revival of church-. La composition originale qui se trouve sur le single PRINCE / PRINCESS et qui est une de mes chansons favorites est ici remasterisée pour un rendu… assez désastreux. Le nouvel enregistrement des voix et la texture de l’instrumentale lui font perdre tout son charme originel pour mon plus grand désarroi. Une nouvelle version complètement inutile qui vient gâcher la fin de cet opus.

Passons pour finir dans les jardins de cette église que le groupe nous fait visiter au fil de ses compostions pour ce que j’estime être un hommage poignant à Jasmine You. Pendant les premiers enregistrements de l’album, Jasmine You avait fait part via son blog qu’ils travaillaient sur une ballade qu’il appréciait tout particulièrement. Au vu des paroles de Serenade, il ne fait pour moi aucun doute que cette chanson a été choisi pour remplir ce rôle d’hommage. Hommage qui est ici réussi, autant donc dans les paroles que dans l’instrumentale qui m’évoque autant la tristesse que l’envie des membres du groupe d’aller vers l’avant.

Douzième et dernière porte qui porte bien son nom, Sound in the gate nous laisse vagabonder dans l’inconnu guidé par la voix envoûtante de Walter Roberts, acteur américain à multiples casquettes, qui semble nous diriger tout droit vers une treizième porte… Que nous réserve-t-elle ? Le mystère restera entier jusqu’à la prochaine sortie de Versailles –Philharmonic Quintet-.

Pinxy

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