LUNA SEA – Capacity ∞

L’histoire du CAPACITY ∞  méritait bien à elle seule un DVD (ou une cassette lors de sa sortie initiale)

Le 29 mai 1999, les membres de LUNA SEA arrivent sur le site de Odaiba pour voir une dernière fois l’avancée des travaux de consolidation du site avant le concert du lendemain. Flash back – sur les images de la structure d’acier qui s’écroule on entend les cris du public, Séquence montage qui semble aujourd’hui prémonitoire.

30 mai – LUNA SEA vole au dessus de Tokyo, qui semble bien vide avec les tours qui ont surgi de terre depuis. SUGIZO et J, placés près des hublots, admiratifs, regardent le paysage. INORAN, les mains croisées, se concentre. L’hélicoptère survole les 100 000 personnes, un record. Puis SUGIZO, INORAN, Shinya, RYUICHI et J débarquent.

Ad 1999 – INORAN en répétions revient sur les 10 ans de carrière qui viennent de s’écouler. Une super carrière qu’il n’arrive pas à croire pourtant elle existe. Quant à SUGIZO, sous le portrait de sa fille Luna, âgée de 2 ans, travaille dans son studio. Sur un bateau, Shinya a choisi de se délasser avant ce concert, dont on ne sait pas encore s’il aura vraiment lieu. J, lui, à bord de sa Viper bleue roule dans les rues de Tokyo et se dit entre autre «très excité, son cœur bat la chamade à l’idée de cette rencontre avec le public ». Enfin, RYUICHI, lui, c’est dans la mer et sur une planche de surf qu’il a souhaité se décontracter.

1Oth anniversary gig : Retour sur le « comment » un immense parking de Odaiba a été choisi, loué et aménagé. Ensuite, dès les premiers jours de mai, on voit les équipes de montage qui montent l’édifice d’acier de ce qui devait être la plus haute et la plus grande scène, à la taille de la popularité du groupe, alors, à son apogée.

Le choix des morceaux se fait entre les membres du groupe dans une ambiance pas si idyllique que cela ne paraît. Depuis les langues se sont déliées et l’on sait les frictions qu’il y avait au sein du groupe déjà à cette époque. Mais rien bien entendu ne transparait.

27 mai – Une tempête inhabituelle, en cette saison, s’abat sur la baie de Tokyo emportant tout sur son passage. N’est-ce pas la prémonition d’un V kei qui se meurt, mais qui ne le sait pas encore. Dans la nuit, une partie de la construction de fer s’est écroulée, flottent au vent des lambeaux de bâches. Un à un les membres du groupe viennent se rendre compte de l’ampleur des dégâts. Le décor est fantomatique. Shinya n’en revient pas qu’un typhon à cette époque de l’année ait pu passer par là.

I wish : Le 28 mai il y a un espoir. Les équipes reviennent sur le site et espèrent remettre de l’ordre. Les ingénieurs proposent de nouveaux plans à la sécurité nationale pour consolider le lieu. Les ouvriers se remettent donc à l’ouvrage le concert devant avoir lieu dans deux jours. Ils travaillent d’arrache-pied jour et nuit.

PM 2.30 : Les grues rentrent en action. Le contre la montre commence. A bord de sa Ferrari, RYUICHI arrive, suivi par les autres voitures de SUGIZO, INORAN, Shinya et J qui visitent une nouvelle fois le site et participent à une réunion de travail. Il est donc décidé de faire s’écrouler les tours qui avaient résisté à la tempête afin de sécuriser au maximum la scène où le groupe et le staff se déplaceront.

29 mai : Never Sold Out – c’est le jour de la sortie de l’album live, le seul du groupe. Les travaux continuent. J arrive à moto, casque sur la tête, et avec les quatre autres LUNA SEA ils regardent le ballet des cinq hélico qui répètent leur arrivée. Shinya, pas rassuré, dit «Quand je pense que je serai la haut ! ».

SUGIZO -Puis on revient en studio, au SUGIZO parle de son approche de la musique depuis 10 ans et du bilan que peut faire LUNA SEA à ce moment.

30 mai – jour du concert – les musiciens arrivent dès 9 h du matin, passent en revue le site et répètent afin de quitter le lieu avant l’arrivée du public.

J – J déclare «Je trouve génial cet endroit ! C’est à l’image de ce groupe ! » Après un tour en voiture dans Tokyo, on le voit passer devant la Tower Records de Shibuya, J stationne sa Viper dans une rue et au plan suivant se trouve dans une pièce rouge d’un appartement que l’on espère n’être pas être le sien, tant il est éblouissant. On peut voir une Vierge Marie sur un meuble, l’affiche du film Pulp Fiction avec la belle Uma Thurman dont J dit ne pas être insensible à son charme, et revient plus sérieusement sur les 10 ans de ce groupe exceptionnel. Shinya, lui préfère se promener.

RYUICHI revient sur le travail qui a été fait pas les différentes équipes. Puis, les répétitions commencent avec notamment Face to Face, on peut remarquer le très beau pantalon à fleurs de SUGIZO, la chemise hawaïenne de INORAN et le bandana de J. « tant pis le groupe jouera sur une petite scène, dit Shinya, on y peut rien, mais le groupe ne change pas ».

Dear Slaves : un chapitre du DVD est consacré à ceux sans qui rien n’est possible, le public. Voilà donc les premiers qui arrivent en courant se mettre aux meilleures places, plusieurs dizaines de mètres séparent les premiers rangs de la scène donc mêmes les premiers rangs verront le groupe de loin. Les fans attendront sous un soleil de plomb, heureusement le vent aère tout le même le site. C’est le plus grand concert pour un groupe de rock japonais, issu en plus du V Kei.

Dans les loges, les musiciens s’habillent, se coiffent, se concentrent pour leur unique concert de l’année. Ils montent dans leur appareil. Seul Shinya est nerveux. Il n’aime pas l’avion, c’est pourquoi il est coincé au milieu de l’hélicoptère pour ne rien voir.

Le public comprend que leurs idoles arrivent par les airs et agitent les mains. Entourés de gardes du corps gigantesques, les LUNA SEA traversent la foule. Les fans n’en croient pas leurs yeux de les voir de si près. Seul J salue les fans de la main, savourant ce moment unique pour les uns comme pour les autres.

La ronde sur la scène, et voilà le concert commence, les corps s’agitent faisant une ondulation gigantesque. Puis, chacun revient sur ses sensations et sur la vision extraordinaire du public «Tout ceci est incroyable ».

INORAN : Dans son tipi INORAN, un bandana en tricot tout à fait saillant sur le front, trouve que « LUNA SEA est un groupe sublime pour une unique musique que chacun fait de son possible qu’elle soit à la hauteur du groupe ».

La nuit tombe, le groupe sort de scène pour l’entracte. J prend rageusement la serviette que l’on lui tend, furieux tant il y a de problèmes sur scène. Le retour son est détestable. Le vent qui souffle rend la communication impossible.

Pendant ce temps, Shinya interprète avec un grand plaisir son drum solo et l’on revient sur le moment où à Asakusa près du temple, il remonte au milieu de la foule qui ne le reconnaît pas les allées. « C’est génial, dit il. J’oublie tout. Le kanji que j’aime le plus c’est « ki 気 « car c’est l’esprit, les sensations. C’est ce que je mets dans mon jeu ».
J revient sur scène pour son solo mais et donne un coup de main en tapant sur les toms de Shinya mais il avoue en voix off  : «Je suis une bille en batterie mais c’était marrant. LUNA SEA est vraiment quelque chose de grand. C’était la première fois qu’on faisait ça. C’est génial ! ». Incroyable également lorsqu’il lance sa basse sans le faire exprès, sur le bras de la louma. et d’ajouter « si j’avais voulu jamais je n’y serais arrivé ».

Pour la dernière partie, le concert reprend « Les émotions sont encore plus vives dans la nuit, déclare SUGIZO. Les têtes s’agitent en cadence que ce soit celles du public ou celles des musiciens. LUNA SEA quitte à nouveau la scène après Déjà vu, et le public lui chante «Happybirth dear LUNA SEA ! ». Les cinq reviennent une dernière fois.

Le documentaire se termine par la séance photo de Never sold Out sur l’affreux Crazy About You. Le concert se termine sur un feu d’artifice tiré sur la baie. INORAN et RUYICHI sont déjà dans la coulisse, J sort de scène à son tour après avoir salué le public, SHINYA part en pleurant et enfin SUGIZO, toujours le dernier à partir, jette sa guitare dans la foule, mais hélas trop loin, elle restera dans l’herbe.

Texte rédigé par Ma’J

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