Versailles le live report

Après avoir sillonné le Japon dès le printemps puis l’Amérique latine, Versailles fait escale dans de nombreux pays d’Europe et passe par deux fois en France. C’est, en toute logique, à Paris, que le groupe a choisi de terminer en beauté cette nouvelle tournée mondiale, première depuis leur passage major chez Warner il y a maintenant un peu plus d’un an. Retour sur la soirée riche en émotion que le groupe a offert à ses fans le mardi 13 juillet au Trabendo.

C’est devant un Trabendo complet que le quintet japonais offre son dernier show. Le public rentre de façon fluide dans cette salle à la configuration très particulière et s’installe dans le calme. L’attente est de courte durée : le groupe apparaît sur scène quasi instantanément sous les ovations de ses fans après l’outro de leur dernier opus JUBILEE, Sound in the gate. Kamijo, Hizaki, Teru, Yuki et Masashi se mettent en place sur la scène avec Prelude, tous ayant les mains levées en « devil horns » laissant le public scandé « We are Versailles » aux moments opportuns. Le groupe ne se fait pas attendre et débute le concert avec Aristocrat’s Symphony, de quoi mettre le public dans le bain. L’ambiance est tout de suite au rendez-vous, la fosse se déchaîne à chaque intervention du charismatique leader. Ce dernier ne manque pas à ses devoirs et comme à l’accoutumée, il prend le temps d’introduire par une petite phrase, en japonais ou parfois même en anglais, chaque chanson. C’est donc l’endiablée Shout & Bites, issue de leur premier mini-album bien connu du public, qui confirme l’atmosphère qui sera de mise tout au long du live. Les guitaristes Hizaki et Teru nous offrent avec grâce les premiers solos détonnants pour le plus grand plaisir auditif de l’audience. Sans transition, zombie prend le relai et Kamijo mène ses troupes avec brio. Que ce soit sur scène ou dans la fosse, tout le monde se remue avec plaisir sur cette composition signée Teru. Nous pouvons apercevoir Yuki et Masashi prenant le temps de se dire quelques mots et de rire de bon cœur tout en jouant de façon exemplaire. Cette introduction n’aura qu’un seul défaut : les lumières. La scène est baigné d’une lumière rouge difficilement supportable ne laissant que peu le loisir aux personnes d’admirer comme il se doit ce qui se passe sur celle-ci.

Les lumières s’éteignent quelques secondes, laissant le temps au groupe de souffler un peu. Kamijo revient sur le devant de la scène, prend le temps de saluer le public avec ferveur et de s’exprimer avec délicatesse en français. La première chanson tirée de JUBILEE fait enfin son apparition et il s’agit de Ai to Kanashimi no Nocturne. Composition plus que réussite sur CD, elle résonne avec perfection en live. Teru donne le meilleur de lui-même sur cette composition qui est sienne. Une très bonne entrée en matière pour un premier album major des plus réussi. Longue pause avec deux interludes musicales tirés du court métrage illustrant le single ASCENDEAD MASTER afin de faire disparaître Kamijo pour un mini repos mérité. C’est à quatre que le groupe réapparaît pour interpréter Silent Knight, morceau entièrement instrumental. L’osmose est parfaite entre le batteur, les deux guitaristes et le nouveau bassiste (Masashi étant, pour le moment, membre de session pour le groupe, suite à la disparation tragique de leur précédent bassiste, Jasmine You, en août dernier). C’est grand moment musical qui attend les fans. Silent Knight est interprétée de façon magistrale, nul besoin de regarder la scène pour laisser subjuguer par ce morceau brute et ingénieux, il suffit de fermer les yeux pour laisser transporter par les notes. Hizaki et Teru sont complices et se renvoient la balle avec des solos efficaces rythmés à la perfection.  Teru restera ensuite seul sur scène pour interpréter Reminescence , autre composition entièrement instrumental. Le jeune guitariste prouve une nouvelle fois que son talent n’est plus à démontrer. A lui tout seul, il arrive à entraîner le public et c’est visiblement très heureux qu’il quitte la scène quelques instants.

Versailles revient sur scène pour enchaîner pas moins de 6 chansons extraites de JUBILEE. La diabolique Gekkakou provoque un déchaînement total  du public et du groupe. C’est une joie que le groupe ait choisi de jouer cette chanson car tout en gardant la touche Versailles, elle a un potentiel metal » plus poussé que les autres compositions. Si l’on devait choisir une chanson pour faire découvrir le groupe à un non-amateur ou un non connaisseur du milieu visual kei, ce serait définitivement celle-ci qu’il faudrait retenir. Un peu de douceur pour terminer de fasciner la foule avec une composition signée Hizaki, Amorphous. Kamijo retrouve une voix plus douce rappelant l’époque de son ancien groupe, Lareine mais malgré la délicatesse de cette chanson, il arrive tout de même, en bon leader, à emporter son public avec lui.

Le moment redouté de ce concert pointe à l’horizon. Les lumières s’amenuisent et laissent apparaître seul Kamijo. Les violons retentissent et toute la salle, sachant tout à fait à quoi s’attendre, est muette. Serenade, première chanson extraite de l’album JUBILEE et aussi la première chanson a avoir fait son apparition après le décés de Jasmine You. Elle a donc une signification toute particulière pour les fans mais également, tout le porte à croire, pour le groupe lui-même. C’est dans la plus grande émotion que Kamijo entonne les paroles en chœur avec le public. Il est plus que palpable que le groupe se donne de manière incontestable dans l’interprétation de cette chanson. Néanmoins, le groupe reste tout en délicatesse et sait donner avec rigueur le ton juste à cette chanson émouvante.

La recette mise en place pour  le show est définitivement efficace. Versailles reprend désormais avec un combo de trois de leur masterpiece : Ascendead Master, très attendu par le public, God Palace et enfin PRINCESS annoncé par Kamijo comme la dernière chanson. Mais le public n’est pas dupe, il manque encore deux chansons presque obligatoires chez Versailles. Après avoir quitté la scène avec des remerciements, le groupe revient rapidement et Kamijo nous annonce The Red Carpet Day. Chaque groupe possède SA chanson live : Metallica a Master of Puppets… Versailles, The Red Carpet Day. Les fans ne pouvait rêver mieux pour terminer ce concert avec devotion, l’ambiance est survoltée à tous les niveaux et la chaleur imposante qui a hanté le Trabendo toute la soirée ne fait que grandir. Tous les membres du groupe se prêtent au jeu et arranguent le public comme il se doit.

Enfin, c’est avec leur toute première chanson, The Revenant Choir que le groupe dit au revoir à Paris, à ses fans et à sa tournée mondiale. Un ultime « We are Versailles » résonne à travers la salle et tous les membres, visiblement très heureux et émus, prennent le temps de dire un dernier au revoir à son public émerveillé.

Set list
Prelude
Sound in Gate
Aristocrat’s Symphony
Shout and Bites
Zombie
Ai to Kanashimi no Nocturne
Descendant of the Rose
PRINCE
Silent Knight
Reminescence
Catharsis
Gekkakou
Amorphous
Serenade
Ascendead Master
God Palace
Princess

Rappel

The Red Carpet Day
The Revenant Choir

En laissant de côté les inconvénients de lumière, de visibilité et surtout la chaleur étouffante qui aura raison de plus d’un fan, on peut sans conteste dire que Versailles a offert toute son énergie, sa bonne humeur, sa grâce et son savoir faire pour cette dernière date. Il est dommage néanmoins que le décor de la scène n’est pas fait honneur à l’esthétisme travaillé du groupe retirant tout de même une grande partie de la mise en scène qu’offre le groupe en temps ordinaire.

Versailles confirme son statut de groupe de visual kei, peut être l’un des rares a avoir su garder les codes et les valeurs propres à ce milieu très controversé en ces temps où de nombreux groupes de la scène refusent catégoriquement d’être catalogués de la sorte. Du grand art qui forge l’admiration d’un public croissant.

Article rédigé par Pinky

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