D’espairsRay World Tour

D’espairsRay World Tour 2010 – « Human-clad Monsters » @ La Laiterie – 02/10/10

Après avoir investi le club (200 places) de la Laiterie, D’espairsRay s’offre cette fois ci la grande salle strasbourgeoise. Et c’est la première fois qu’un groupe de rock/métal japonais l’aura remplie au grand étonnement de tous. Je ne m’y attendais pas du tout et les curieux venus presque par hasard encore moins !
Bref, bonne surprise que de voir une salle remplie de personnages de tous horizons et de tous âges. On aurait pu prendre peur à la vue de la file d’attente mais les quelques fangirls too-much et les dindons-gothiques ne nuiront finalement pas à l’ambiance générale du concert.

Justement en terme d’ambiance D’espairsRay a su la mettre ! Fini le balai dans le cul et les attitudes coincées d’il y a 4 ans. Le groupe a maintenant de l’assurance et ça se ressent. Ça bouge énormément sur scène, tous les membres du groupe semblent s’amuser,  jouent (bien) et aiment titiller le spectateur.
Le concert commence sur des chansons fraîches et entraînantes. On est loin des atmosphères lourdes et graves de leur début mais c’est finalement parfait pour lancer le live. Les vieux fans du groupe râleront un peu intérieurement mais seront tout de même contents de participer au show en entonnant avec Hizumi quelques paroles. Certaines chansons ont d’ailleurs l’air d’avoir été écrites avec comme objectif les lives à l’étranger (Death Point, Hollow, etc.) tant les refrains sont simples à reprendre.

Le coté fun atteint son apogée avec Love is Dead, tube electro-dance-métal, qui fera jumper tout le monde (oui même toi le fan oldschool avec ton tshirt de la tournée 2001, je t’ai vu !)

Mais peu à peu l’ambiance va changer et évoluer vers des sons et des mélodies plus sombres et profondes, à l’image des compos de [Coll:set],  qui prendront le public aux tripes.
INFECTION.
Ils l’ont joué.
Certains pourront y voir un symbole, celui du mal dont souffre Hizumi et la raison du hiatus du groupe. Quoi qu’il en soit l’interprétation était magnifique et la voix d’Hizumi parfaite. J’en ai encore les poils qui se hérissent rien qu’en y repensant.

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Le groupe enchaîne les chansons à un rythme effréné. On passe maintenant sur des compos plus rapides et variées. Le public est dedans, ça bouge un peu. C’est gentil, voir un peu trop, mais au moins personne ne tire la tronche. Le sourire est sur toutes les lèvres et même les mamans, assez courageuses pour accompagner leur progéniture adolescente, sont dans le trip !

Au niveau de la prestation musicale du groupe j’ai surtout entendu un groupe carré et précis. Leur style musical superposant plusieurs couches d’instruments et d’ambiance ne leur permettent pas de beaucoup improviser et d’adapter les chansons au moment mais cela ne se ressent pas vraiment. Tsukasa, le batteur, gère ses phases avec une décontraction déconcertante tant ses rythmiques et sa gestion des toms est complexe et précise à la fois.
Zero frappe sa basse n’importe comment mais le son qui en ressort est toujours limpide et très lourd. Karyu, bien aidé par ses samples se la joue un peu mais maltraite ses guitares avec une sacrée classe. Et Hizumi fidèle à lui même galope, gambade, sautille, headbang et harangue la foule d’un bout à l’autre de la scène.

Hollow a été un autre moment fort du concert. Dans une version remaniée pour le live le groupe se lâchera et même Tsukasa en profitera pour communiquer avec le public. Même les curieux ne connaissant pas le groupe ont pu chanter avec Hizumi les Lalala du refrain. Dit comme cela ça parait niais mais une fois en concert ce passage prends une autre dimension et le sentiment de faire corps avec le public et le groupe est plus fort que le ridicule des paroles.

Bon, heureusement Garnet a mis tout le monde d’accord par après et conclura le set principal avec sueur !

Après une pause assez longue le groupe revient sur scène avec Reddish, comme d’habitude c’est le feu dans la salle, ça jump et ça danse. On continue avec Forbidden, un classique de [Coll:set], et le concert s’achève sur Mirror. Ils auraient pu trouver mieux comme chanson de clôture mais ne boudons pas car ça reste une chanson diablement efficace.

Le groupe a du mal à sortir de scène, visiblement content du show il reste un petit moment pour taper dans les mains des chanceux du premier rangs et profiter du spectacle d’une salle remplie d’un public conquis, voir même reconquis pour ceux, qui comme moi, avaient plus ou moins lâché le groupe dernièrement.

Un concert finalement sans défauts : setlist quasi parfaite et ambiance monstrueuse !

Article rédigé par Silveric
Photos : Silveric

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