KOKIA au Théâtre Michel


Tout commence par un dimanche gris d’octobre. C’est dans une petite rue que se dissimule l’entrée d’un théatre où, pour le temps d’une soirée, Kokia se produit après avoir rendu visite aux marseillais, aux toulousains et aux brestois quelques jours auparavant.
Comme toujours, les premiers fans arrivent dès 8h, voulant être au premier rang, bientôt rejoints après une petite averse en milieu d’après-midi par les premiers japonais qui suivent Kokia dans sa tournée européenne.
A 19h les spectateurs sont là et attendent patiemment l’ouverture des portes. Tandis qu’à l’intérieur d’autres personnes attendent. Il s’agit de Kokia et de son staff attendant la fin de la pièce de théâtre qui se joue actuellement et qui vraisemblablement a pris un peu de retard.
Retard qui sera répercuté sur le début de la représentation qui finalement commencera vers 21h après un réglage express de la sono pour le concert.
Rapidement tout le monde est installé plus ou moins confortablement avec néanmoins certains sièges rajoutés à la dernière minute pour les derniers arrivés malgré l’achat de leur billet.
Il semble que quelques rares places aient été omises mais ils auront une bonne vue sur la scène et un siège de bar confortable.

Les lumières s’éteignent sur ce joli petit théatre à deux niveaux et le fidèle guitariste Matsuo affectueusement surnommé Tood ou Mush de par sa coupe de cheveux champignon fait son entrée suivi de peu par Kokia sous les applaudissements. Le ton est donné. Petite salle et musiciens réduits, nous allons assister à un concert intimiste avec même du chant à capela.

Commençant par deux titres de Real World, elle enchaine avec différentes chansons issues de ses précédents albums, nous donnant finalement une sorte de best of car en tout et pour tout, seuls 4 titres de Real World nous seront proposés sur les 16 titres que comptera le concert. On retrouve plusieurs de ses titres les plus populaires comme Hana, Remember the Kiss, I believe, mais aussi Avé Maria et bien sûr, Chowa Oto qui comme à l’accoutumée fera exception à la règle en ayant une bande son où sont présents les autres enregistrements de voix de Kokia.

A cette liste habituelle, on rajoutera d’autres titres similaires dans le genre ce qui nous donnera un concert de ballades idéales pour un concert intimiste et reposant mais parfois trop reposant. Cette invitation de Kokia à nous laisser emporter par ses musiques reposantes mais sans réelle pause peut malheureusement donner une impression de longueur. Fatigués s’abstenir où on est emporté par ses ballades agréablement berçantes à suivre Morphée. Pourtant un Pink no Zou faisant participer les spectateurs avec des « paon paon » aurait assurément remporté les sufrages du public et rendu plus attentif sur la suite du concert.
De même avec Ai no Melody malheureusement absent de ses concerts ses dernières années.
Mais le gros point négatif du concert ne vient pas tant de la playlist mais bel et bien du son. Et là ça blesse car lorsque l’on va voir Kokia c’est pour sa voix. On est pas à un concert métaleux où de petites imperfections passent sans s’en rendre compte. Mais là un son avec un écho digne d’une cathédrale jurait dans ce petit théatre. Si encore on avait eu tout un orchestre et des choeurs, pourquoi pas, je suis preneur mais là juste avec une guitare et sur des ballades, c’était de trop et cela suffisait à donner un sentiment de raté à ce concert. Cet écho était-il là par la volonté de Kokia? Le staff avait-il manqué de temps pour peaufiner les réglages? Ou était il là pour masquer des faiblesses dans la sonorisation de la salle ? Pourtant les basses, médiums et les aigus restaient correctement équilibrés et avaient un rendu acceptable sans lacérer nos petits tympans.
Bien sûr sa voix est toujours juste, sans fausse note mais cette playlist trop emplie de ballades invite certes à un voyage mélodique mais peut décevoir une partie du public habitué à certaines musiques plus entrainantes qu’elle a pourtant composé.

Quoi qu’il en soit on ne peut que se résigner à trouver cette performance moyenne comparée aux concerts précédents (Aaahhh le Bataclan en 2007…) tant au niveau accoustique (Concert sur la péniche mis à part tellement le son était mauvais.), qu’au niveau scénique qui était assez réduit malgré les quelques moments où elle s’exprimait au public et un prix pas vraiment adapté compte tenue de la salle et du nombre de musiciens.
On retiendra tout de même que son public lui est fidèle et loin de lui en vouloir les a quand même applaudit chaudement elle et Matsuo. Les spectateurs ont également chanté avec elle les refrains de What a Wonderful World ainsi que de Arigatou, dernière chanson du rappel qui avait été plébiscitée par le public.

Allez à l’année prochaine dans une meilleure salle avec un meilleur son, un prix adapté et une playlist un brin plus dynamique ?

Article rédigé par Merlin – Photo : Merlin

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