Revenons sur l’année 2010

Il faut parfois se plier à un marronnier immuable qui consiste à un rapide retour en arrière sur une année passée riche en événements. Car si 2009 avait été décevante, 2010, sans être la meilleure année que la Jmusic, elle a tout de même été intéressante sur bien des points de vues.

Je n’aurais pas la prétention de vous écrire un résumé exhaustif de ce que fut 2010 en matière de Jmusic. Je peux avant tout parler de ce que j’ai pu observer cette année et particulièrement dans le milieu que je connais le mieux le visual kei et la France.

LABELS

Cette année a vu la création et re-création de deux labels qui devraient voir leurs activités s’imposer en 2011 à savoir Soundlicious qui s’est associé à la société SEFA (organisateur des JAPAN EXPO), mais aussi Bishi-Bichi affilié à Ankama. Ces deux labels s’ajoutent à Wasabi affilié à KAZE. Et oui, point de miracle pour survivre et faire le poids face aux maisons de disques  japonaises il faut avoir une structure solide qui puisse vous aider financièrement à tenir le coup.
Bonne chance cependant aux autres plus petits labels qui se démènent malgré tout pour proposer des artistes variés !

Mais et la musique là dedans ?

Ah ! oui. Il faut de la musique ! Les albums ont été nombreux cette année à sortir en Europe. Wasabi nous a servi avec SCANDAL et Flow par exemple.
Ganshin continue avec les groupes rock en sortant notamment les CD de MUCC, D’espairs Ray, LM.C, Zoro, XodiacK, VAMPS, Mix Speaker’s Inc. etc. mais aussi des versions numériques sur itunes avec L’arc, girugamesh ou encore MUCC.
De son côté CLJ continue avec de petits groupes indies comme -OZ-, UnsraW, D=OUT… Mais leurs activités semblent se ralentir.
Petit nouveau cette année Bishi-bishi a commencé avec deux albums d’artistes fort différents : Aural Vampire et YMCK.
Terminons avec Ramen events qui diversifient ses activités en créant le label Hinode records. Dans leur catalogue nous retrouvons le fameux HITT, mais aussi el-Ethnic Legist.
Cette liste n’est en aucun cas exhaustive.

MIYAVI

Pour ma part l’artiste de l’année sera sans nul doute MIYAVI qui fort d’un changement opportun de maison de disques à su se renouveler avec son nouvel album What’s my name?, des tournées et l’utilisation astucieuse de USTREAM. Mais ce sera l’année prochaine qu’il reviendra chez nous pour cinq dates dans toute la France !

Grandeur et décadence

Encore une fois, la nouvelle vague de groupes de type visual kei m’a laissé froide et le cœur triste. Le milieu complètement sclérosé par ses propres redites n’apporte plus rien à ses fans, ni à la musique. Et même si certains groupes arrivent malgré tout à se hisser en major, on sent bien un désintérêt même du public européen pour cette soupe tout juste bonne à nous rappeler qu’il y a encore peu le visual kei pouvait éblouir.
Car oui, ce n’est pas parce que c’est du visu que les salles se remplissent ! Grosse nouveauté cette année des concerts ont dû être annulés car le taux de remplissage ne permettait pas de rentabiliser une ou plusieurs dates ! Fini les salles pleines juste parce que bidule ou machin sombre groupe pécher au fin fond d’un live house tokyoïte pouvait remplir une salle. Il faut désormais des noms qui accrochent l’intérêt du public devenu exigeant, pas tant musicalement que pour son porte-feuille malmené par la crise et les dépenses annexes.

En contrepartie d’autres artistes ont fait le plein et surtout on a pu voir que les labels et tourneurs français ont diversifier leur offre.
Gackt a surpris son monde en remplissant en moins de 30 min une salle de 800 places, au grand étonnement du tourneur qui ne semblait pas croire en son artiste. Autre grand événement qui a rempli les salles la venue du girl’s band : Morning musume qui complètement en perte de vitesse face au bulldozer AKB48 dans son pays d’origine a su ramener plusieurs milliers de personnes à JAPAN EXPO cet été. Même si KOKIA revient tous les ans en France, il faut bien avouer que la Jpop a encore du mal à remplir les salles en dehors d’événements comme JAPAN EXPO (cf. Nachan, MEG, etc.). Le public semble difficile à cerner malgré les efforts de la label comme Wasabi ou des nombreux clips qui inondent NOLIFE.

Saluons aussi le groupe de métal SEIKIMA II qui nous a offert la meilleure performance de l’année avec 1h30 de bonheur. Même si je reste totalement imperméable à la prestation de YOSHIKI et ToshI, il faut bien admettre qu’ils ont fait plaisir à leurs fans français en tentant de rattraper les trois concerts annulés… Allant jusqu’à enregistrer un message en français et en traduisant le refrain d’Endless Rain dans la langue de Molière.
D’autres artistes comme VAMPS, D’espairs Ray ou Versailles entre autre ont fait le bonheur de leurs fans respectifs.

Ce n’était pas en France mais en Allemagne. Cependant ce fut un des événement  majeur de cette année à savoir la venue de LUNA SEA en Europe pour un concert mémorable devant 2 000 personnes. Plus conviviale qu’un Tokyo Dome, cette unique date à Bochum aura ravi tous les fans présents sans exception. C’est le genre d’événement qu’on aimerait revoir plus souvent, et pourquoi pas à Paris cette fois !

Mais si l’offre a été variée cette année il faut bien avouer qu’il y a eu quelques redites notamment avec HITT et Jelly Beans… Je ne parlerais pas d’AOI qui suite à un soucis de santé n’est plus réapparu chez nous.

Au Japon, c’est l’affolement au Tokyo Dome avec une vague de groupe visual kei ou proche de cette mouvance qui envahi le stade. SID, LUNA SEA et The gazettE tentent leur chance avec plus ou moins de bonheur. Le rêve absolu n’est pas accessible à tous le monde.

USTREAM

Pourtant le Japon a utilisé un moyen de communication qu’il n’avait jusque là que très rarement utiliser : les retransmissions en direct des concerts ! USTREAM en un an nous a proposé un grand nombre de concerts et conférence de presse d’artistes très différents comme Utada Hikaru, VAMPS, MIYAVI, Seikima II, L’arc, LUNA SEA et j’en passe avec plus ou moins de bonheur car la qualité de retransmission n’était pas toujours au rendez-vous. Mais l’intention y était et c’est déjà le principal !

Départ et retour

L’année 2010 est l’année des valses des groupes. Elle marque aussi un très triste événement qui a été la mort de Daisuke ancien chanteur de kagerou/The studs. Des problèmes de santé ont aussi affecté les chanteurs de Despair’s Ray et Plastic tree, mais aussi YOSHIKI batteur de X JAPAN.
Cette année c’est Kagrra, qui tire sa révérence après 10 ans de bons et loyaux services.

Dans la continuité du retour après de longue années d’absence de groupe comme X JAPAN, D’erlanger, DEAD END, SEIKIMA II etc. 2010 a vu le retour de LUNA SEA qui ont fêté avec un an de retard leur 20 ans en grande pompe et avec plus de classe que n’importe quel autre groupe. Fort d’une tournée mondiale qui passa par l’Allemagne, ils rempliront trois soirs de suite le Tokyo Dome dont un concert gratuit le 25 décembre avec l’idée originale de revenir avec leur nom indies « Lunacy » , ainsi que le look et les chansons de l’époque. Ce fut culotté, mais couronné de succès.
On sera plus dubitatif sur le retour aléatoire et complètement désordonné de X JAPAN. Avec une com’ peu digne d’un groupe aussi important ils ont tout de même réussi à faire quelques concerts au Japon, en Asie et aux USA, mais aussi à sortir de nouvelles chansons que tout le monde s’attend désormais à voir un jour en vente… Le tout étant de savoir quand ce fameux album sera terminé…
Kiyoharu annonça aussi le retour de SADS qui se traduisit par un excellent album et une tournée. Mais il ne s’arrête pas là et promet le retour de Kuroyume cependant ce sera pour 2011.
Notons le retour de Moi dix mois après 3 années de silence avec un album en fin d’année.

Côté pop c’est Utada Hikaru qui a annoncé une pause indéfini dans sa carrière, alors qu’en fin d’année on apprenait le mariage d’Ayumi Hamasaki avec un bel autrichien. Mais ce sont bel et bien les jeunes filles d’AKB48 et les boy’s band de chez Johnny’s, Arashi et KAT-TUN en tête, qui tiennent le haut du pavé désormais ! Rien ne semble pouvoir ébranler l’omniprésence de ces groupes aux sommets des charts, à moins que ce soit les artistes coréens ne leur volent la vedette…

Japon VS Corée, la prochaine confrontation ?

Si le Japon a encore beaucoup de mal à imaginer que leur musique est exportable et qu’il a un filon à exploiter, la Corée de son côté a une toute autre vision des choses. Le pays veut exporter ses produits technologique, mais souhaite tout autant exporter ses produits culturels dont la musique fait évidement partie. A n’en pas douter il faudra compter sur eux dans quelques temps, si pour le moment aucun concert significatif n’a été organisé en France, il ne fait aucun doute qu’un jour ou l’autre il faudra compter sur eux pour damer le point aux frileux japonais ! Et ce serait bien fait pour eux !

Bonne année et que 2011 soit remplie d’albums et de concerts !!

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