MUCC – CHEMICAL PARADE

MUCC – CHEMICAL PARADE World Tour – 23 janvier 2011 – Elysée Montmartre (Paris)

C’est pour leur dernier album, Karma, que MUCC depuis le courant de l’année 2010 tourne à travers le Japon. C’est sans oublier leurs fans internationaux qu’une (petite) tournée mondiale est organisée en ce début d’année 2011. Composée de 6 dates passant par la Russie, la Finlande, la Hongrie et l’Allemagne, c’est en France que le groupe a décidé de clôturer cette tournée.

Le 23 janvier dernier à l’Elysée Montmartre de Paris, c’est une foule compacte et drôlement bien organisée qui attend sagement malgré le froid que les portes de la salle s’ouvrent. Il est encore difficile de se faire une idée exacte du nombre de personnes présentes mais il est tout de même clair que comparé à l’année dernière, l’audience est moins nombreuse. Je pénètre dans la salle aux alentours de 19h pour découvrir un Elysée Montmartre ouvert à moitié. En effet, l’autre moitié de la salle est condamnée par des barrières et un long rideau noire, c’est dire sur la vente des places peu fructueuse. Cela aura permis au stand de goodies tenu par la boutique allemande Neo Tokyo de s’installer confortablement. D’ailleurs il est important de mentionner le prix très abordable des tshirts, hoodies, cds et posters même si certains objets en vente lors des précédentes dates ne seront pas disponibles pour nous.

Après un peu plus d’une heure d’attente, MUCC arrive enfin sur scène sur l’intro de Karma, Chemical Parade. Le groupe est comme à son habitude très classe, particulièrement Tatsurou qui dégage comme un air de Jack Sparrow avec son bandeau qui lui cache un œil. Ils enchaînent très rapidement avec la très controversée Falling Down, premier single extrait de leur dernier opus. On peut constater un public peu réactif, que je qualifierai même de mollasson… Tout comme FUZZ, cette chanson dégage un intérêt un peu plus poussé en live que sur CD mais toujours insuffisant pour pouvoir l’apprécier amplement. J’en profite pour observer avec détail le décor de la scène qui n’est malheureusement pas à la hauteur de ce que les fans russes ont pu observer lors de leur concert par exemple. La scène est agrémenté d’une toile de fond représentant l’énigmatique chèvre omniprésente dans le design de Karma et d’une boule à facette. Un décor des plus léger.

On continue sur la lancée des morceaux de l’album avec Zeroshiki, composition encore très versée dans l’électro. Au milieu du morceau, Tatsurou effectue des effets sonores… avec l’antenne d’un camion de pompier en jouet! Je crois que ce passage à laisser un peu toute l’audience dans l’interrogation la plus totale et ne permet pas encore de faire bouger la foule. Le groupe enchaîne avec une chanson qui aurait très bien pu faire partie d’un album des Black Eyed Peas, Chemical Parade Blueday. Seul passage notable, le solo très appréciable, bien que trop court, de Miya qui se donne à 100%. On notera également que Satochi est plus qu’en forme, la batterie résonnant avec force dans toute la salle. D’ailleurs, il faut dire que le son de la salle ce soir là était particulièrement excellent et bien dosé, un très bon point. Les morceaux s’enchaînent très rapidement et c’est la très jazzy Daraku qui fait son apparition. J’avais déjà été très étonnée de la qualité de chant de Tatsurou sur cette chanson sur l’album qui, il faut le souligner, est tout en anglais, et il confirme son talent avec cette prestation.

MUCC s’offre enfin une pause et c’est Tatsurou, armé d’une feuille blanche qui nous parle en français et dans un anglais respectable. Il nous rappelle non sans humour, l’accident dont il a été victime au concert de l’année dernière pendant Libra où il s’est malencontreusement pris dans l’œil le manche de la basse de Yukke. Il nous dit qu’il espère sincèrement que cela ne se reproduira pas cette année. Cette petite parenthèse achevée, les premières notes d’Ageha résonnent et réveillent enfin le public. Malheureusement, l’enthousiasme retombe très vite avec la prochaine chanson, Circus, alors que celle-ci, tout comme Daraku, dégage une ambiance jazzy/groovy des plus appréciables. Cela ne va pas en s’arrangeant avec l’enchaînement I am computer, Polaris, Gou, A. et Hane qui représentent un combo de chansons calmes (bien que magnifiques en ce qui concert Polaris, A. et Hane) qui auront comme effet de casser le concert. Mauvais choix que l’enchaînement de ces morceaux qui auraient mieux fait d’être plus éparpillés dans la setlist.

C’est à partir de Yakusoku que les choses vont changer et que le concert va enfin devenir mémorable du bon côté du terme. La chanson, second single extrait de Karma, est à ma grande surprise très bien accueillie et semblait être attendue par l’auditoire qui reprend les paroles en chœur. Tatsurou effectue une nouvelle pause et reprend son papier en riant et nous dit en anglais que le français est vraiment très difficile! Et c’est en français qu’il nous dira qu’ils sont tous très heureux d’être revenus à Paris. Devant nos yeux, nous pouvons enfin revoir avec plaisir le véritable MUCC qui nous interprète avec fureur Shoufu, première ancienne chanson jouée pour ce concert, qui aura le don de déchaîner autant la foule que le groupe. On voit enfin apparaître des pogos! Soulagement! Le MUCC que j’aime tant existe donc bel et bien encore! Très bon choix que cette chanson bien bourrin, alternant plusieurs rythmes de chant et également musicaux faisant la part belle aux talents des musiciens. Cette fois-ci, enchaînement de morceaux très sympathiques avec la délicieuse Shiva extraite de l’album Shion qui est jouée pour la première fois chez nous. Elle semble ne pas uniquement donner un souffle de vigueur qu’au public puisque Satochi nous offrira juste derrière un solo de batterie diabolique. Il nous prouve avec grand soin qu’il est définitivement très en forme ce soir. Houkou, composition qui avait magistralement commencé le concert de l’année dernière et extrait de Kyuutai suit logiquement. Nous baignons enfin dans une véritable ambiance de concert et c’est le moment choisi par le groupe pour nous interpréter l’unique chanson à la sauce MUCC de Karma, Lion… qui sera aussi annoncée comme la dernière chanson.

Le groupe revient sur scène très rapidement pour la rappel en arborant le t shirt de la tournée. Ils passent une bonne dizaine de minutes sur scène à interagir avec le public : Tatsurou nous apprend quelques mots en japonais avant de passer le micro à ses camarades. Yukke nous parle donc lui aussi en français, « j’aimerai me marier avec une française » et reçoit à point nommé un sous vêtement féminin que Tatsurou lui mettra sur la tête! C’est au tour de Miya qui déclenche l’hilarité des autres membres du groupe et du public en ayant beaucoup de difficultés avec son français. Il réussit tout de même à nous dire qu’ils sont très heureux d’être en France pour la dernière date de la tournée car c’est un pays très particulier pour eux. Enfin, Satochi en ferra de même en accentuant les mots d’une façon très sophistiqué. Un très bon moment de complicité entre le groupe et son public qui renforcera le sentiment de bonne tournure de cette fin de concert.

Saishuu Ressha inaugure pour notre plus grand plaisir ce rappel, toujours aussi attendue et appréciée. Mais la grande surprise réside dans l’interprétation de Ranchuu. Extraite de Zekuu, cette chanson aux riffs et solos endiablés mettra un point d’honneur au show. Ambiance survoltée dans le public qui effectue le fameux rituel du « tout le monde assis par terre pour se relever en sautant » qu’il est dommage de ne voir apparaître que maintenant. Enfin, c’est Freesia qui termine en beauté ce concert double-face avec sa version longue dotée d’un magnifique solo de Miya à la fin de la chanson. MUCC quitte la scène comme à son habitude en saluant longuement le public.

J’ai beaucoup plus apprécié ce concert que celui de l’année dernière. La setlist était plus diverse même si, comme je l’expliquais plus haut, peut être assez mal agencée. Cette dernière date était à l’image de Karma, un concert en demi-teinte à cause de la première partie ponctuée uniquement des chansons du dernier album. Il est dommage d’avoir dû, j’oserai dire, subir la première moitié du concert avant d’avoir enfin quelque chose qui valait le coup de s’être déplacé.

Néanmoins, la prestation du groupe fut en tout point parfaite, on a enfin retrouver un Tatsurou en pleine forme vocale, aucunes fausses notes n’a entaché leur performance. MUCC semblait visiblement détendu et heureux de terminer leur tournée mondiale à Paris et le public n’aura quand même pas été déçu de bout en bout. La qualité du son était plus qu’excellente et nous a permis d’apprécier d’autant plus le talent des musiciens qui n’est plus à prouver.

Il ne nous reste plus qu’à attendre de voir si la tournure électro amorcée depuis (trop?) longtemps les a enfin satisfaits et qu’ils passeront à autre chose pour leur prochain album. Nous en reparlerons au moment venu !

SETLIST

Intro ~ Chemical Parade
Falling Down
Zeroshiki
Chemical Parade Blueday
Fuzz
Daraku
Ageha
Circus
I am computer
Polaris
Gou
A.
Hane
Yakusoku
Shoufu
Shiva
Solo Satochi
Houkou
Lion

-Encore-
Saishuu Ressha
Ranchuu ~ pure folie, rituel du saut
Freesia

Texte de Pinky – Photos : MUCC (photos du concert de Moscou)

About the Author