Crise de la Jmusic en France

Voici une nouvelle annonce dans l’univers de la Kpop qui va sans aucun doute asséner un dernier coup de massue à la Jmusic sur le sol français. Nous avons appris hier soir la représentation en deux actes du festival MUSIC BANK avec une myriade de groupes pop coréens comme GIRL GENERATION, 4 minute, SHINEE et j’en passe et des meilleurs. Vous rendez-vous compte ? Bercy, 17 000 personnes, la plus grande salle parisienne s’ouvre à un festival Kpop d’envergure.
La Corée va si vite et ne se pose pas de question. Les trois premiers jours de décembre l’expo KBEE présentera les meilleurs groupes et tout l’entertainment Coréen au public Français à la Défense ! L’événement est conjointement organisé par des organisations de tourisme, les médias, diverses fondations pour le développement du cinéma et la culture coréenne en général.
Oui, je ne peux que dire : Prend ça dans ta face !

La Corée prouve une fois encore qu’elle est en pleine expansion et qu’elle n’a peur de rien. Là où sont les fans, elle va. Elle veut faire grandir son aura et, ne soyons pas dupe, son portefeuille. La Corée toute entière s’exporte et ne se limite pas à ses produits high tech, mais aussi à sa culture (musique, film, BD etc.), sport ou à sa nourriture…

Le Japon n’a jamais eu cette politique d’expansion et elle n’est pas à l’ordre du jour dans l’immédiat. Ils ont bien conquis le monde du high tech et du jeu vidéo il y a fort longtemps, mais le reste de l’entertainment, ainsi que nourriture ont été introduits chez nous bien malgré eux et bien souvent grâce aux efforts d’amateurs du pays du soleil levant.

Les japonais sont fiers quelques part que nous nous intéressions à eux, ils sont souvent surpris, parce que c’est un mystère pour eux qu’on aime leur culture. Pourtant on leur a montré depuis une vingtaine d’années qu’on avait soif de leur culture (2e marché au monde du manga !).  Mais rien n’y fait. Ils ne cherchent pas à développer plus, ou alors ils veulent le faire par eux-mêmes, à leur rythme, c’est à dire très, très lentement en tâtonnant…

Y a-t-il encore assez de place pour la Jmusic en France ?

Cela fait presque 15 ans que la Jmusic essaie de se faire une place en France par le biais des fans. Des articles dans les magazines, des fanzines spécialisés, puis vint internet avec des sites spécialisés. En 2004 les concerts de visual kei débutent en France. Les groupes se multiplient et les tournées deviennent européennes puis mondiales. La pop timidement commencent a arriver, mais seulement des groupes débutants que les japonais testent ou créent pour l’occasion. Si le visual kei se prête au jeu en envoyant ses plus gros représentants, la Jpop elle ne veut rien savoir, elle se borne au Japon et à quelques pays d’Asie.

En ce qui concerne le visual kei, nous n’attendons plus vraiment de nouveauté car la plupart des grands groupes sont venus chez nous –ou quelques part en Europe-, les fans peuvent être fiers d’eux ils ont réussi à faire bouger les choses. Malheureusement, la mode passe en France et avec l’arrêt de magazine comme Rock One, la fermeture de la plupart des labels et organisateurs en France, il faut bien avouer que l’avenir est sombre, même s’il reste des acteurs plein d’énergies comme NOLIFE, JFM, JAPANLIFE STYLE et quelques sites internet…
Les concerts ne font plus autant le plein qu’avant, même des chanteurs comme GACKT ont du mal, et les petits groupes de visu qui auraient pu, il y a encore 5 ans, remplir une petite salle doivent se contenter d’une centaine de places, voire même d’annuler comme ça été le cas en 2010.

Du côté de la Jpop ce n’est guère mieux, c’est même pire. A part les Morning musume aucun artiste connu n’est venu chez nous. Et les mauvaises langues diront que de toutes façons elles ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes au Japon… AKB48 et Scandal sont effectivement passé en France, mais avant leur énorme succès au Japon, autant dire que nous ne sommes pas prêts de les revoir passer à JAPAN EXPO et encore moins au Zénith. On ne parle même pas des Johnny’s dont le patron refuse toute exportation en dehors de l’Asie. De toutes façons ses poulains se sont fait ravir leurs fans par leurs homologues coréens beaucoup plus accessibles. Même si la politique des Johnny’s changeait demain, ne serait-ce pas trop tard de toutes façons ?
Par contre nous aurons encore droit longtemps à des idoles sortis du placard et dont le manager saura tirer parti d’un déplacement en Europe pour faire briller la carrière de sa protégée dans son pays natal.

Quel fan ne rêve pas d’un A-nation en France ? Connaissant les japonais, ils vont pouvoir rêver encore fort, fort longtemps. Certains ont mis beaucoup d’espoir dans un ultime sursaut d’orgueil de leur part après le fracassant passage au Zénith des plus gros groupes coréens. Que nenni, il ne se passe rien achevant par le même coup les derniers amateurs de Jpop.
D’ailleurs n’arriveraient-ils pas trop tard ? Les fans naguère amateurs de Jpop ou de Jrock se sont tournés vers d’autres sons, d’autres artistes…

N’attendons pas de reconnaissance de leur part. Si les artistes sont certainement très heureux de jouer devant leur public, leurs managers et autres patrons de maisons de disques n’ont aucun égard pour ses fans ou amateurs. Car tout n’est pas rose. Ce que les fans ont créé tant au niveau des médias, qu’au niveau des organisateurs de tournées ou bien même des labels ne les intéressent pas. Dans un premier temps ils acceptent de jouer le jeu, pour « voir ». Puis quand ils se rendent compte qu’effectivement il y a peut-être une petite place pour leurs artistes chez nous, ils se détournent et préfère s’associer à des sociétés ayant pignon sur rue aux reins plus solides qu’une jeune société. Elles sont sans aucun doute plus solides, mais ne chouchoutent pas, comme pourrait le faire un connaisseur avisé. Travailler pour et avec des japonais est un art particulièrement difficile dont il faut connaître tous les codes.

Pour certains j’aurais l’air un peu aigri, ils penseront même que je suis jalouse du succès de la Corée. Mais en fait, je suis juste épuisée de me démener depuis 15 ans pour promouvoir des artistes dont on ne reçoit aucune reconnaissance ou si peu. Ceci couplé à une dégradation évidente de la qualité des musiques proposées. J’ai, depuis quelques temps, dû mal à retrouver l’énergie qui faisait ma force il y a encore peu de temps.

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