C’est l’heure du bilan

Depuis 1998 je suis en campagne. Je promeus le visual kei en France de toute mes forces depuis 14 ans. Cependant, je dois bien avouer que je n’ai plus l’énergie d’antan. Non pas que je me sois lassée d’écrire, de découvrir, mais force est de constater que le visual kei n’est plus que l’ombre de lui-même ressassant les mêmes rengaines comme une vieille dame sénile. Le visual kei est mort, hélas il n’aura pas d’enterrement digne de lui. Pourquoi ? Parce qu’un courant musical au Japon ça ne meurt pas. Ça vivotera toujours soutenu par quelques producteurs s’acharnant sur lui comme un médecin avec un patient en fin de vie.

2004. BLOOD venait pour la 1re fois en France. 300 personnes hystériques se jettent sur le premier groupe de chevelus maquillés comme s’ils étaient les messies. C’est engrenage. Les groupes qui foulent les scènes françaises et européennes  se multiplient. Parallèlement au Japon les grands groupes se sont séparés, les nouveaux n’ont aucun caractère et les années 90 apogée du visuak kei sont loin derrière. C’est une lente descente vers l’oubli.
Il ne faut pourtant pas en conclure que l’Europe sera leur Eldorado. Trop frileux, ils envoient des groupes au compte-goûte, souvent ils viennent à reculons. Si l’amour des fans est indéfectible, en retour les Japonais ne comprennent pas cet engouement et loupent le coche. Mais ce n’est pas perdu pour tout le monde. Quelques artistes hors visual kei ont sorti leur épingle du jeu, mais si peu ! Le rendez-vous est  raté.

Mais pas pour tout le monde, car cette ouverture sur l’Asie a bénéficié à un outsider que personne n’a vu venir. Désormais c’est la Kpop qui a ravi les cœurs de nombreux fans et qu’importe que ce soit grâce à un plan marketing. Vous pouvez effectivement me dire que je râle pour rien car que nous ne manquons pas de concerts ! Certes mais les salles sont vides. A part l’Arc~en~Ciel, X JAPAN ou MIYAVI qui peut se targuer dans le visual kei de faire venir du monde ? Personne.

8 ans après BLOOD revient le 4 avril, non pas au Glaz’art, mais au Klub. Combien de fans seront là ? Peu sans doute, le visual kei ne fait plus recette.

Le constat est dur. Les concerts, même si leur nombre ne faiblit pas, leur fréquentation diminue significativement. Le JE live house reste un miroir aux alouettes, le public est massivement présent lors des concerts, mais ne se déplacent pas lorsque les mêmes artistes investissent une salle sur la capitale…
Les ventes de CD n’ont jamais décollé, aucun label n’est viable et le peu de majors a être dans la course ne montrent que peu d’intérêt pour la promotion de ses artistes.

A cela il faut ajouter la médiocrité de ce que nous apporte le visual kei récent. Je l’ai déjà dit, le mouvement tourne sur lui-même, se copie jusqu’à la caricature. Les vieux sont quasiment tous de retour après des carrières solos sans envergure. Pourtant peu d’entre eux nous offrent un retour digne de leur passé. Les albums de retour sont souvent qu’un vague souvenir de ce qu’ils ont pu nous offrir par le passé. X JAPAN semble passer son temps à enregistrer, mais le peu de chansons arrivées jusqu’à nous sont à mille lieu de ce qui a fait le succès du groupe. Kuroyume a fait un album d’une banalité indigne d’eux. La plupart se contentent du minimum syndical dicté par des maisons de disque plus intéressées par l’argent qu’ils engrangent que par la qualité et l’originalité des albums. Quel gâchis !

Seuls certains groupes qui cherchent à garder leur indépendance arrivent à sortir du lot comme LUNA SEA ou Buck-Tick.

Je n’écoute pratiquement plus de musique japonaise et je n’ai aucun goût pour les artistes qui viennent en France. Je suis déçue et je repense avec une certaine nostalgie à cette époque où je m’enthousiasmais pour des dizaines d’albums et de groupes… Mais je n’aime pas être nostalgique, je préfère vivre dans le présent. Je vais donc encore me battre pour parler de visual kei, mais combien de temps vais-je encore tenir alors que je n’ai pratiquement plus de coup de cœur ?

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